Raymond Roche, La vague toulonnaise

C’est l’histoire d’un minot, passionné de moto et de vitesse. Apprenti-mécano chez Jean Ruggia, concessionnaire Yamaha à Toulon, Raymond Roche prend sa première licence en 1974 pour disputer à 17 ans une épreuve de la Coupe des 4-Saisons. En 1976, Jean Ruggia lui prête une Yamaha TZ 250 pour disputer le Grand Prix de France au Mans, qui ouvre la saison. Raymond signe le troisième temps des essais et se retrouve même deuxième sur la grille de départ, aux côtés du poleman Walter Villa, après le déclassement de Pat Evans. Quelques tours avec les hommes de tête puis une chute, le fougueux Raymond Roche impose l’école toulonnaise des Grands Prix, boostée par les circuits du Luc et du Castellet, par l’engagement du moto-club Paul-Ricard et de son président François Chevalier.

En avril 1976, les fans de moto découvrent Raymond Roche, un minot de 19 ans qui signe le troisième temps des essais lors de son premier Grand Prix, au Mans. (Photos archives FFM).

En 1977 et 1978, Raymond Roche dispute quelques Grands Prix 250, un podium à la clé à Donington. Puis il monte en Formule 750 grâce au soutien de la concession toulonnaise Yamaha-Audemar.

En 1981, Raymond monte une écurie de course avec Jean Lafond et le soutien des casques Nava et du circuit Paul-Ricard. Ils achètent deux Suzuki RG 500 pour disputer les Grands Prix en catégorie reine, et font équipe en Endurance sur une Kawasaki-Performance. Le championnat du monde d’Endurance compte alors 8 épreuves : le duo remporte les 1000 km de Zeltweg en Autriche, les 24 Heures de Montjuich à Barcelone, et montent également sur le podium à Suzuka, Spa et Donington. Ils sont sacrés champions du monde !

Le duo Lafond-Roche remporte le championnat du monde d’Endurance 1981 au guidon de la Kawasaki-Performance. (Photos archives FFM).

En 1983, Honda lance en Grand Prix la RS 500 trois cylindres, une excellente machine compé-client réservée aux pilotes privés. Grâce au soutien de Jean-Louis Guillou chez Honda-France et du pétrolier Total, Raymond Roche peut en bénéficier pour disputer la saison 83 : il entre régulièrement dans les points.

Ses performances lui permettent d’obtenir un soutien du service-course Honda, le HRC, qui lui fournit des moteurs pour la saison 84 : celle-ci commence fort en Afrique du Sud avec la deuxième place derrière le futur champion du monde, Eddie Lawson. Raymond signe ainsi 8 podiums en 12 GP pour terminer troisième du championnat du monde, derrière Lawson et Randy Mamola mais devant Freddie Spencer.

En 1985 il signe dans le team usine Yamaha-Agostini, puis revient sur Honda en 1986 : s’il est régulièrement dans les points, Raymond n’arrive toutefois pas à renouveler ses performances de 1984.

En 1987, Raymond Roche rejoint le team Cagiva des frères Castiglione. Après deux ans de galère, les Castiglione le convainquent de rejoindre le jeune championnat du monde Superbike dans lequel ils engagent des Ducati 851 puis 888. Après une année de mise au point, Raymond offre à Ducati en 1990 son premier titre mondial !

En 1990, Roche offre à Ducati son premier titre mondial en Superbike, son second personnel.

Après deux saisons supplémentaires, Raymond devient en 1993 le team-manager Ducati en mondial Superbike et lance Carl Fogarty qui remportera 5 fois le titre. Puis il rejoint son partenaire Shark, dont il développe les capacités industrielles en pilotant la construction d’une usine en Thailande.

L’entrepreneur Roche lancera ensuite ses propres marques de casque (Airborne) et d’accessoires (Ubike), qu’il continue de gérer.