Patrick Pons gagne Daytona

Mars et ça repart : si MotoGP et Superbike ont depuis quelques années avancé leurs calendriers, les 200 Miles de Daytona ouvraient traditionnellement la saison internationale de vitesse. Tous les grands pilotes ont inscrit leur nom au palmarès de la Speedweek floridienne. Dont Patrick Pons, premier champion du monde de moto français.

Mars et ça repart : si MotoGP et Superbike ont depuis quelques années avancé leur calendrier, les 200 Miles de Daytona ouvraient traditionnellement la saison internationale de vitesse. Tous les grands pilotes ont inscrit leur nom au palmarès de la Speedweek floridienne. Dont Patrick Pons, premier champion du monde de moto français.

En 1937, Bill France Sr implante les 200 Miles de Savannah sur la plage de Daytona Beach où avaient lieu des records de vitesse depuis 1902. Après 19 éditions sur le sable, les 200 Miles de Daytona s’installent en 1961 sur le speedway également créé par France Sr pour son championnat Nascar : cet anneau de 4 km, incliné à 31°, est complété d’un circuit intérieur qu’empruntent les pilotes moto. A force de promotion en Europe et grâce à une évolution des règlements techniques et au soutien des constructeurs japonais, le Daytona 200 s’impose début mars comme la grande ouverture de la saison internationale de vitesse. Jarno Saarinen en 1972 puis Giacomo Agostini en 1973 inscrivent leur nom à un palmarès jusqu’alors réservé aux icônes américaines comme Joe Leonard, Cal Rayborn ou Dick Mann.

1980 marque un tournant dans l’histoire de l’épreuve : pour contrer l’hémégonie de la Yamaha 750 TZ qui règne sur l’épreuve depuis 1972, le règlement s’ouvre aux Superbike 4-temps, les Honda-RSC, Suzuki-Yoshimura et Kawasaki-Moriwaki qui domineront bientôt sur les 200 Miles. Sur cette 39e édition, le quatre-cylindres 2-temps de la TZ reste maître du Speedway : lors des essais, Kenny Roberts a signé la pole-position devant Freddie Spencer et Boet Van Dulmen. Tous trois sont sur Yamaha, mais Roberts a relégué Spencer à 1 seconde et Van Dulmen à 5 : la course devrait être une formalité pour King Kenny. Patrick Pons a lui décroché le sixième temps des essais.

S’il s’est révélé en gagnant la coupe Kawasaki en 1972, Patrick Pons a disputé toute sa carrière internationale sur Yamaha : il est le fer de lance de l’engagement en vitesse de Yamaha-Sonauto et de son patron, Jean-Claude Olivier. Pons roule aux 200 Miles pour la sixième fois et arrive avec le plein de confiance : non seulement il est monté sur le podium de Daytona l’année précédente, mais il a surtout remporté le championnat du monde de Formule 750 à l’issue de la saison 1979, avec un total de quatre victoires de manches. Il est ainsi devenu le premier Français à remporter un championnat du monde dans les sports mécaniques, moto et auto confondues. La saison 1980 qu’il attaque en Floride doit donc être celle de la confirmation.

Le dimanche 9 mars, le vent se lève sur Daytona. Il soulève la poussière du Speedway et avec elle s’envole un scénario qui semblait écrit. Dès le premier tour abandonne Roberts, en proie à des problèmes de carburation. Spencer prend alors la tête et le large, mais la pluie oblige la direction de course à sortir les drapeaux rouges. Après deux heures et demie de break, un nouveau départ est donné. Patrick Pons se retrouve brièvement en tête mais Spencer le double et s’échappe. Il se construit une avance de 10 secondes en 5 tours seulement. Pons applique le même tarif à ses vrais rivaux : Van Dulmen et Aklsand sont relégués à 20 secondes.

Après 39 tours dont 38 en tête, Spencer abandonne, vilebrequin cassé. Relégué à une minute, Patrick Pons se retrouve leader de l’épreuve. Il s’impose finalement devant Dale Singleton et Boet Van Dulmen, tous sur Yamaha. Equipier de Pons, Marc Fontan se classe à la 5e position.

Rendez-vous sur la Victory Lane : Patrick Pons a remporté à Daytona le plus beau succès de sa carrière. (© François Beau)

Un mois après son triomphe américain, Patrick Pons terminera deuxième du Moto-Journal 200 sur le circuit Paul Ricard. Puis il entamera sa montée en puissance en Grand Prix 500 : après deux dixièmes places en France et aux Pays-Bas, une huitième place en Belgique, il termine sixième en Finlande. Arrive le fatidique Grand Prix d’Angleterre à Silverstone, le 10 août : Pons chute au quatrième tour des 500, il est percuté par une moto et meurt deux jours plus tard de suites de ses blessures. Il avait 27 ans et restera comme la première icône du sport moto français.