La fédération qui gère notre sport favori est plus que centenaire : vous le savez, elle fut créée le 7 février 1913 à Paris. Mais son nom, Fédération Française de Motocyclisme, fête aujourd’hui 7 décembre 2025, son 80e anniversaire. Explications…
Lorsqu’Albert de Dion et Zuylen de Nyevelt créèrent le 12 novembre 1895 l’Automobile Club de France, leur volonté était de gérer toutes les activités mécaniques terrestres, alors naissantes. Considérée comme la première course de l’histoire, Bordeaux-Paris-Bordeaux avait été organisée cinq mois plus tôt à l’initiative du même comte de Dion. Cette épreuve était destinée aux automobiles et à tout autre véhicule à moteur : bicyclettes, tricycles ou quadricycles. L’ACF décidait de fait d’étendre son pouvoir sur le sport moto en gestation. Les bicyclettes à moteur, qui deviendront motocyclettes bien que le terme fut déposé en 1898 par les frères Werner lors de la création de leur vélo à moteur auxiliaire, étaient de plus en plus présentes sur les épreuves de ville à ville, mais aussi dans les stades comme Buffalo ou sur les premières courses de côte, à Chanteloup-les-Vignes par exemple.

A la suite du Motocycle Club de France, créé en 1903, les motos-clubs se développèrent avec le nouveau siècle. Ils se regroupèrent dès 1904 en Fédération Internationale des Clubs Motocyclistes (qui deviendra la FIM en 1949). Au niveau national, les clubs moto, alors une douzaine, restaient néanmoins sous la tutelle de l’Automobile Club de France. Réunis en congrès à Lyon en novembre 1912, ils décidèrent à l’unanimité moins de deux clubs de prendre leur indépendance et se regroupèrent en une Fédération Motocycliste de France. L’ACF s’y opposa évidemment et obtint que cette nouvelle fédération prenne le nom d’Union Motocycliste de France (UMF).
Le 7 février 1913 eut lieu la première réunion de l’UMF dont le président se nommait René de Knyff, vainqueur de Paris-Bordeaux en 1898 sur une automobile Panhard-Levassor. Cette réunion avait lieu place de la Concorde, au siège de l’ACF. Elle permit de définir le rôle de l’UMF : contrôler les règlements sportifs, homologuer les courses, délivrer les licences pilotes, organiser des épreuves et définir les catégories en accord avec la FICM. Mais l’ACF demeurait son organisme de tutelle : la moitié des membres de son comité directeur en était issu.
Cette année 1913 fut sportivement riche avec un total de 21 épreuves homologuées UMF dont Paris-Nice, le Tour de France et le premier Grand Prix de France des Motocyclettes, disputé à Amiens.

Malgré le coup d’arrêt de la Première guerre mondiale, le sport moto reprit rapidement sa marche en avant sous la houlette de l’UMF. Le Grand Prix des Motocyclettes eut lieu au Mans dès 1919. Grenoble accueillit les ISDT en 1920. Les premiers championnats de France furent créés en 1921, et le Bol d’Or inventé par Eugène Mauve l’année suivante. En 1924 fut inauguré l’autodrome de Montlhéry. En 1932, le motoball était réuni en un unique championnat de France. Avec 108 clubs affiliés et 40 000 adhérents, l’UMF se portait bien à la veille de la Seconde guerre mondiale. Elle demeurait néanmoins régie par l’ACF : élu président à l’unanimité en 1928, Augustin Pérouse était aussi le président de la commission sportive de l’ACF.

A la Libération, le Gouvernement Provisoire de la République Française souhaitait réformer l’organisation des fédérations sportives. Réunie en assemblée générale le 7 décembre 1945, l’UMF décida de se rebaptiser FFM : Fédération Française de Motocyclisme. De nouveaux statuts entérinant ce changement de patronyme furent adoptés le 1er mars 1946. Mais la gouvernance n’évoluait guère : la FFM était toujours hébergée par l’ACF, et son comité directeur composé à moitié par des membres de l’ACF. Le président demeurait d’ailleurs Augustin Pérouse.
Il fallut encore attendre une décennie, et quelques mouvements de colère issus des nouvelles disciplines comme le motocross et le trial, pour que la FFM s’affranchisse de la tutelle de l’ACF grâce à de nouveaux statuts votés en avril 1955. Mais cette autonomie ne sera totale qu’à la fin de la présidence Pérouse en 1965 puis au déménagement de la FFM dans son propre siège, rue d’Hauteville, en 1968.
La FFM était alors prête pour gérer le renouveau du sport moto qui s’annonçait.






