Les 18 et 19 septembre 1976, le circuit Bugatti accueillait pour l’avant-dernière fois le Bol d’Or. Cette 40e édition reste comme l’une des plus mythiques de l’histoire de l’endurance.
Photo Bruno des Gayets.
24 heures au Mans : avant que l’ACO ne lance les 24 Heures du Mans en 1978, le Bugatti était déjà un temple de l’endurance moto. De 1969 à 1976 y furent organisés les 1000 Kilomètres du MCF ; mais le circuit accueillit aussi le Bol d’Or de 1971 à 1977. Le Bol, qui avait été relancé par Jean Murit, le BMW Club de France et Moto Revue en 1969, était alors la plus grosse course de moto en France. La 40e édition de 1976 peut d’ailleurs le confirmer : 130 000 spectateurs furent recensés pendant le week-end, et l’épreuve était retransmise par TF1.




Sportivement, le Bol accueillait les meilleurs pilotes français : Jean-François Baldé, Hubert Rigal, René Guili, Christian Bourgeois, Christian Estrosi, Christian Sarron, Jean-Claude Chemarin, Bernard Fau, Eric Saul, Hervé Guilleux, Eric Offenstadt. Mais le plateau était renforcé par de sacrés pilotes étrangers comme Jack Findlay, Stan Woods, Dave Croxford, Pat Evans, Benjamin Grau, Virginio Ferrari. Ce pack international était emmené par la star canadienne Yvon Duhamel.

Côté constructeurs, la diversité était immense avec des usines européennes comme BMW, Ducati, Moto Guzzi, Laverda, Triumph et des artisans comme Japauto , Smac et Segoni. Mais la course devait surtout être arbitrée par un duel de géants.






D’un côté Kawasaki, tenant du titre, avec quatre machines officielles engagées par le team Godier-Genoud ; de l’autre, Honda, qui revenait à l’endurance avec un prototype baptisé RCB. Ce duel fut légendaire avec la performance du jeune duo formé par Christian Sarron et Denis Boulom, qui gagna en coupe Kawa son guidon sur la 1000 G-G et mena la course pendant 6 heures avant, et la victoire finale de la RCB de Chemarin et George qui inaugurait le long règne de la RCB.


Parmi les 130 000 spectateurs se trouvaient deux cousins venus de Roanne en Renault 4L. L’un, Pierre-Yves Deschamps, était étudiant en médecine, futur pilote du Bol d’Or et fan de Kawasaki en général, et d’Yvon Duhamel en particulier. L’autre, Bruno des Gayets, attendait son ordre d’incorporation au service militaire, boitier Nikon F2 en mains. Jeune amateur, il n’avait alors ni le matériel ni les accès pour photographier du bord de piste ; armé d’un seul objectif 28 mm, il se concentra donc sur les ambiances du paddock, alors accessible au public.


Voici donc le premier reportage de Bruno des Gayets, qui deviendra un talentueux photographe de sports mécaniques et éditera 40 ans plus tard avec la FFM un livre intitulé Gueule de Motards. Entre autres travaux de qualité…



